n° 159/160
« Le figement en débat  »
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format PDF Aspects diachroniques du phénomène de figement Bernard Combettes Cette contribution a pour objectif d'examiner ce que peut apporter une perspective diachronique à l'étude du phénomène de figement. Après avoir rappelé les rapports qu'entretiennent la grammaticalisation et la lexicalisation, concepts qui ne sont pas envisagés ici comme des contraires, mais comme des complémentaires, on s'attache plus particulièrement à déterminer le rôle que joue l'opération de réanalyse dans le processus de figement. Sont ensuite analysées les relations qu'il est possible d'établir entre le figement et les grandes tendances de l'évolution de la langue : passage d'un système synthétique à un système analytique, hiérarchisation progressive des divers syntagmes. On trace enfin un tableau des divers types de figement qui se trouvent attestés dans l'histoire du français. Mots-clés : figement – diachronie – grammaticalisation – lexicalisation – typologies de figements Figement syntaxique, sémantique et pragmatique Gabriela Soare, Jacques Moeschler Les propriétés syntaxiques des expressions figées et des expressions idiomatiques (Exis) sont bien connues depuis les travaux de Nicolas Ruwet. Leur sémantique et leur pragmatique l’est cependant moins, même si de nombreuses approches analysent la relation entre figement et non-compositionnalité, ou encore entre figement et conventionalisation du sens. Mais aucune étude n’a tenté de relier les propriétés syntaxiques des Exis, leurs propriétés sémantiques (transparence et opacité dans le calcul compositionnel du sens), et le statut pragmatique du contenu exprimé (sens littéral, implicature, ou encore explicature). L'article propose une discussion conduisant à montrer les relations entre la (non-)compositionnalité, la (non-)autonomie référentielle et la nature du sens des Exis. L'approche intègre les propriétés syntaxiques et sémantiques des Exis dans un cadre pragmatique général, sur la base d’une hypothèse selon laquelle leur sens est le résultat d’un processus d’enrichissement pragmatique ordinaire au niveau du sens explicite (explicature de base), contribuant à la construction d’un concept ad hoc complexe développé une fois pour toutes. Mots-clés : syntaxe – sémantique – pragmatique – expressions idiomatiques – expressions figées – compositionnalité – implicature – explicature – convention de langue et d'usage Le figement des « actes de langage stéréotypés » en français et en allemand Maurice Kauffer En phraséologie du français ou de l’allemand, le figement pose des problèmes de fond redoutables, dus à la nature multifactorielle, scalaire et non spécifique de ses paramètres. Il a également une dimension pragmatique peu explorée jusqu’à présent, que ce soit au niveau théorique ou empirique. Ce « figement pragmatique » est remarquable dans les phraséologismes pragmatiques, expressions dont la fonction essentielle est non pas référentielle, mais discursive et interactionnelle. L'article examine une sous-catégorie d’expressions de ce type, les « actes de langage stéréotypés » (ALS), qui se définissent par leur statut d’énoncé, leur idiomaticité et leur fonction surtout pragmatique (exprimer la menace, le doute, le refus, etc.), par exempleattends voir la belle affaire das ist die Höhe !,wennschon,dennschon. A l’aide d’un corpus de bi-textes français et allemands, l'article définit et délimite le figement de ces ALS, en particulier sa dimension pragmatique. Ce figement pragmatique a trois aspects que nous explorerons : le lien de l’expression avec son contexte, avec sa situation extra-linguistique et avec sa fonction pragmatique. Mots-clés : acte de langage stéréotypé – ALS – figement pragmatique – phraséologisme pragmatique – énoncé – fonction pragmatique – contexte – situation – allemand – français Extensions lexicales et figures vives : une frontière essentielle Michele Prandi La plupart des extensions figurées du signifié des lexèmes entretiennent une relation transparente, métaphorique ou métonymique, avec leur signifié primitif ; la plupart des signifiés idiomatiques des expressions figées entretiennent une relation analogue avec leur signifié compositionnel. Étant donné que les stratégies d’extension lexicale sont les mêmes qui sont à l’œuvre dans l’interprétation des figures vives, on pense normalement que les extensions de signifié des lexèmes, comme les signifiés idiomatiques des expressions figées, résultent de la cristallisation de figures autrefois vives. L’hypothèse discutée dans cet essai remet en question cette idée en ce qui concerne la métaphore. En présence de métonymies, tant l’extension que la figure mettent sous pression le foyer. En présence de métaphores, en revanche, cette continuité est brisée. Si l’extension lexicale met sous pression le foyer, la métaphore vive, projective, déplace la pression sur la teneur, dont elle redessine le profil conceptuel. Sur le fond de cette prémisse, l’idée d’une carrière de la métonymie, de la figure à l’extension lexicale, est tout à fait plausible. L’idée d’une carrière semblable de la métaphore, par contre, comporte un renversement de la pression conceptuelle. Si elle n’est pas excluea priori, la possibilité d’un tel renversement devrait être documentée par des données empiriques tirée de l’histoire des langues. Mots-clés : extension lexicale – figure – métaphore vive – teneur – foyer – pression conceptuelle Figement de séquences défigées. Un commerce devenu inéquitable Christophe Cusimano Le projet de cette étude est d'observer le devenir des défigements formés par ajout d’affixe, de formuler des hypothèses sur les conditions qui conduisent à un nouveau figement, celui de l’expression défigée qui va donc coexister avec le premier figement. C’est le cas de « commerce inéquitable », défigement formé par ajout du préfixe « in- » à la séquence figée « commerce équitable » qui a sans doute acquis à son tour le statut de lexie. Mots clés : séquence figée – défigement – ajout segmental – affixation « C’est juste pour dire ». Variation sémantique et régularité des opérations
linguistiques dans le cas du verbe dire Pierre Péroz L'auteur propose une analyse de quelques expressions « en dire » dans un cadre constructiviste, celui de la « Théorie des opérations prédicatives et énonciatives » d'Antoine Culioli. Dans la première partie, il montre que les différentes valeurs du verbe dire  correspondent à différentes actualisations d'une même forme schématique selon laquelle : « Dire  est dans l'énoncé la trace de la construction par l'énonciateur d'un terme Y comme étant le signe verbalisé (ou non) d'un ou pour un autre terme Y' verbalisable ». La deuxième partie, passe en revue quelques expressions « en dire » très courantes et relativement opaques du point de vue sémantique : « c'est pas pour dire vs c'est juste pour dire » ou encore « dis » vs « disons ». L'analyse proposée tend à montrer que les variations sémantiques dont ces expressions sont le lieu sont directement dépendantes de la nature, de la construction (préconstruction ou non), et des relations qu'entretiennent les termes Y et Y' conformément à ce qui avait été établie dans la première partie. Ainsi, le fait que dans une séquence comme « Dis, tu viens », on ne retrouve pas de manière évidente le sens habituel du verbe dire n'empêche pas l'expression « en dire » « dis » de fonctionner dans ses interactions avec son contexte selon les mêmes principes que ceux qui débouchent sur la construction du sens des autres emplois du verbe. Mots clés : polysémie – locutions  – forme schématique – verbe dire Étude de cas : soi-disant Corinne Féron, Danielle Coltier L'article examine la notion de figement, conçue d'une part comme propriété d'une séquence de mots, de l'autre comme processus diachronique, à partir de l'analyse d'un marqueur de discours autre,  soi-disant. La description des emplois de cette unité en français contemporain conduit à y voir une suite figée, mais à des degrés divers selon les usages : le sens ascendant « qui se dit lui-même » se maintient dans l'usage conforme à la norme ; seul le renvoi à un dire demeure dans les usages stigmatisés ; le segment soi  n'y est plus analysable comme réfléchi, et l'énonciateur du discours autre n'est plus identifiable à partir de la seule forme soi-disant Les changements qui conduisent de disant  avec la forme forte du pronom de personne 3/6 (attesté dès le moyen français) à l'unité soi-disant  ne relèvent pas tous du figement : interviennent des phénomènes de réinterprétation sémantique et de recatégorisation. Par ailleurs, l'évolution conduit à plus de liberté syntaxique. Dans la chronologie logique proposée ici, le figement sémantique serait néanmoins premier : la codification en langue de ce qui n'était d'abord qu'une inférence, sans doute associée, dans certains contextes, à l'emploi de la séquence libre (à savoir : le locuteur doute de l'assertion rapportée) permet d'expliquer les phénomènes de figement au plan morphosyntaxique et les autres changements. Mots clés : diachronie – figement – inférence – recatégorisation – réinterprétation sémantique – soi-disant Figement et défigement : problématique théorique Salah Mejri Il s’agit d’interroger la notion de défigement en focalisant d’abord sur l’émergence du concept et sa lente installation dans la littérature. Après quoi l'article discute de sa pertinence épistémologique et montre en quoi il pourrait être à l’origine d’avancées théoriques. Le tout est évidemment abordé en rapport avec la notion de figement. Cette approche permet entre autres d’évaluer l’apport de ce concept et de mesurer l’impact que cela pourrait avoir sur l’étude figement en général. La fixité servira de notion centrale dans l'analyse. Mots clés : figement – défigement – fixité – point de fixité – congruence – phraséologie Le phénomène du détournement dans le langage des jeunes Silvia Palma Dans le langage des jeunes, on constate fréquemment le détournement d’éléments du système de la langue. Ce détournement se traduit par des transformations phonologiques, morphologiques, lexicales (aussi bien concernant la dénotation que la connotation des mots), mais aussi syntaxiques. Cette étude propose l’analyse de quelques stratégies très fréquentes en français, qui sont mises en relation avec des stratégies souvent utilisées en espagnol. Mots clés : parler jeune – création lexicale – insultes rituelles – détournement – sociolinguistique De l’analysibilité au défigement des expressions figées. La leçon de Giono dans Les Âmes fortes Laurent Perrin Cet article s’appuie sur certains éléments théoriques esquissés dans Perrin (à paraître), pour les appliquer à l’analysibilité et au défigement des expressions figées selon Giono dans Les Âmes fortes. La première partie est consacrée à l’analysibilité, c’est-à-dire à la faculté, propres aux expressions figées, de renverser l’ordre de composition ordinaire du sens linguistique. La seconde partie porte sur les conséquences discursives de cette propriété sémantique définitoire des expressions figées, qui les incite à être défigées, en vue d’exploiter les représentations figurées que recèle virtuellement leur signification. A ces deux niveaux, l’objectif est de prendre la mesure de la leçon de Giono, et plus généralement de la lecture de textes littéraires, sur les ressources interprétatives du figement qui intéressent la linguistique. Mots clés : composition – analysibilité des expressions figées – figement linguistique – défigement discursif –  écho – énonciation – délocutivité – figure de rhétorique – Giono – linguistique et littérature Poétiques du défigement chez Giono et Beckett Sophie Milcent-Lawson Par l’analyse du phénomène du défigement chez deux romanciers du XXe siècle aux esthétiques très différentes – Giono et Beckett –, ce travail entend mettre en lumière le rôle de la « conscience linguistique » dans les processus d’invention littéraire et fictionnelle. La mise en œuvre et la mise à l’épreuve de ces formes stockées dans notre mémoire lexicale révèlent en effet la nature profonde du travail de l’écriture et cristallisent des enjeux de poétique romanesque. Après avoir répertorié chez Giono la variété des modalités morphologiques et discursives dans une « grammaire des défigements », il s’agira de montrer qu’au-delà des trouvailles éphémères et isolées, la pratique du défigement s’intègre au projet esthétique et à la poétique du récit des auteurs considérés. Si les procédés de défigements sont les mêmes, les enjeux poético-narratifs divergent : rhétorique visionnée et ironisation énonciative chez Giono ; hyperconscience linguistique et rhétorique sceptique chez Beckett. Mots clés : défigement – figure lexicalisée – locutions – proverbes – catachrèse – modalisation autonymique – figuralité – métaphore – trope – syllepse – épanorthose De l’usage de la parole proverbiale dans les textes dramatiques André Petitjean, Sabine Pétillon Dans la première partie de l’article (Statut  de  la  parole  proverbiale), nous montrons qu’un proverbe peut se définir sur la base de critères différents : syntaxiques, sémantiques, énonciatifs, formels, rythmiques et pragmatiques. A quoi s’ajoute le fait qu’un proverbe constitue un énoncé autonome mais ne fonctionne qu’inscrit dans un discours qui l’intègre intertextuellement. C’est pourquoi, dans la deuxième partie (Énonciation  proverbiale  et  dialogisme), nous nous attachons à décrire les modes d’insertion des proverbes dans la texture du texte dramatique. Énonciation faisant écho à une chaîne de locuteurs, le proverbe acquiert une autorité investie par l’usage, si bien que le locuteur de l’énoncé parémique n’est pas son auteur originel mais le responsable de son réemploi et de l’application à une situation donnée de la vérité générale que formule l’énoncé. Ce cadre interdiscursif et polyphonique étant précisé, nous nous livrons, dans la troisième partie (Fonctions  textuelles  des  proverbes), à une analyse des fonctions des phrases sentencieuses dans les textes dramatiques. Mots-clés : textualité dramatique – parole proverbiale – énonciation dialogique – fonctions de la parole proverbiale Astérix en traduction : les enjeux du figement Yvon Keromnes Cet article traite de la question du figement en rapport avec la traduction. Dans cette perspective, il propose tout d’abord une définition de l’idiomaticité capable d’être appliquée à un texte entier. Le figement est alors défini comme l’un des phénomènes relevant de l’idiomaticité. Mais la notion de figement elle-même ne peut être réduite aux expressions non compositionnelles non transparentes : ces caractéristiques ne sont pas de nature binaire, mais scalaire. En particulier, l'article propose l’idée que les collocations, bien que généralement compositionnelles et sémantiquement transparentes, relèvent du figement et de l’idiomaticité. Dans ce cadre, il observe comment différents aspects du figement dans des albums d’Astérix, réputés « intraduisibles », sont rendus en allemand et en anglais, pour constater que ces aspects constituent précisément l’un des véritables enjeux de la traduction. Mots-clés : bande dessinée – collocation – compositionnalité – figement – idiomaticité – opacité sémantique – traduction Figement et défigement dans la traduction. L’exemple d’un roman de Günter Grass Heinz-Helmut Lüger Cet article se propose d’analyser la polyfonctionnalité et la traduisibilité de certaines unités phraséologiques. Dans quelle mesure ces expressions toutes faites peuvent-elles poser problème pour la traduction ? Quelle serait la différence par rapport aux constructions « libres » et non figées ? Faut-il accorder une attention particulière aux expressions idiomatiques et à leur emploi créatif ? Le but de l’étude est donc de montrer pourquoi la recherche d’équivalence (sémantique et pragmatique) dans une langue cible n’est pas toujours facile et comment, en ce qui concerne les expressions figées, la traduisibilité peut être parfois limitée. Les exemples cités dans cet article sont tirés d’un texte littéraire unanimement considéré comme intéressant et complexe : Günter Grass, Ein  weites Feld. Mots-clés : phraséolexème – phrasème propositionnel – polyfonctionnalité – remotivation – chaîne isotopique  – intraduisibilité Le défigement de phrasèmes pragmatiques et sa traduction Caroline Pernot Les phrasèmes pragmatiques attestés dans un corpus français-allemand de traductions sont étudiés ici dans des emplois défigés, construits autour d’une lecture oscillant entre le sens idiomatique et le sens compositionnel résiduel. Après avoir examiné quels éléments contextuels permettent de réactiver la liberté combinatoire de la formation syntagmatique d’origine, l'article s'interroge sur l’équivalence des phrasèmes défigés dans la traduction. La confrontation avec les textes transposés dans une langue cible et l’analyse de la hiérarchisation des invariants traductologiques sera un révélateur des procédés et des visées du défigement. Mots-clés : phraséologie contrastive – défigement – traduction français-allemand Le traitement du « figement » par des locuteurs ordinaires : le sentiment
linguistique d’« expression toute faite » dans des contextes de critique du
discours politique Alice Krieg-Planque Cet article étudie la façon dont des locuteurs « profanes », entendus ici comme des non-spécialistes du savoir savant sur la langue et sur le discours, rendent compte d’un sentiment de « figement ». Les types de discours auxquels on s’intéresse relèvent d’une démarche de critique du discours politique, et se présentent sous la forme de dictionnaires engagés (Les  mots  du  pouvoirLe  dictionnaire  de novlangue…). Après avoir rappelé l’importance du figement pour l’analyse du discours politique, et après avoir souligné l’intérêt d’étudier le métalangage ordinaire, on analyse l’expression du sentiment de figement dans ce corpus. Il apparaît que les entrées des dictionnaires et les amorces de rédaction des notices constituent des matrices particulièrement riches pour l’expression d’un tel sentiment. Leur construction témoigne du fait que les locuteurs critiques s’emparent du discours politique « par ses figements », lesquels constituent intuitivement la dimension qui semble la plus problématique à ces locuteurs. Pour terminer, on observe que, dans des contextes de critique du discours politique, le figement fait avant tout l’objet de commentaires dépréciatifs, le « prêt à parler » étant identifié à un « prêt à penser ». Mots-clés : figement – métalangage ordinaire – sentiment linguistique – analyse du discours – discours politique – dictionnaires engagés Enquête (en contexte scolaire) sur l’interprétation de quelques expressions :
le raisonnement lexical entre figement et analogie Caroline Masseron À partir d’une enquête réalisée en contexte scolaire auprès de locuteurs d’âge varié (de 8 à 23 ans), qui a porté sur 36 expressions françaises dont l’usage est pour la plupart assez courant, l’article étudie les réponses obtenues. Il s’agit de dégager les principales caractéristiques des stratégies des auteurs pour comprendre l’expression et en livrer une interprétation plausible. Sont à l’œuvre des phénomènes sémantiques de représentation plus ou moins abstraite ou concrète, générale ou spécifique, et analytique ou synthétique, qu’il convient peut-être de corréler à des faits de langue tels que l’approche pronominale (vs nominale) de l’énoncé produit. Mots-clés : locutions – représentations sémantiques – stratégies définitionnelles – contexte d’usage – approximation sémantique Traitement du figement dans les manuels d’enseignement/ apprentissage de FLE pour adultes Nathalie Gerber, Olha Luste-Chaâ Cet article s’intéresse au traitement du figement dans les manuels d’enseignement et d’apprentissage du Français langue étrangère (FLE), à partir d’un corpus de 42 manuels de FLE pour adultes et adolescents de niveaux A1 à C2, comprenant des méthodes générales, des manuels de grammaire, des manuels de vocabulaire et des manuels de français sur objectif spécifique (FOS). Après un rappel des critères de figement d’après l’avancée des recherches actuelles en linguistique, l'article rend compte de quelques travaux qui traitent de l’enseignement/ apprentissage de la phraséologie en FLE et redéfinit des catégories de séquences figées (SF) pertinentes pour l’analyse du corpus. La seconde partie est consacrée à l’analyse des occurrences et du traitement didactique des locutions adverbiales, pragmatèmes, collocations, expressions imagées et proverbes dans les manuels. Nous constatons, d’une part, l’omniprésence de SF favorisée par l’approche communicative et actionnelle, et d’autre part, leur discrimination aléatoire et approximative, le manque d’analyse de leur emploi en contexte et d’activités de reconstitution, la non prise en compte des variations possibles. Compte tenu des résultats de l’analyse, il est proposé quelques pistes didactiques : un code graphique pour indiquer la portée et le degré de figement, le développement d’une compétence active, par l’emploi en contexte notamment, et la réalisation de fiches lexicographiques à visée didactique. Mots clés : figement – didactique du FLE – phraséologie – analyse de corpus – pragmatèmes – collocations – expressions imagées – proverbes   HAUT DE PAGE       -        N° 159/160 © CRESEF - Tous droits réservés