N° 90,
« Des méthodes en français »,

Consignes : aider les élèves à décoder

Jean-Michel ZAKHARTCHOUK

La compréhension des consignes est désormais perçue comme un problème méthodologique et pédagogique majeur. Non sans quelques illusions sur la manière de le traiter : recherche impossible de la«  bonne consigne », sans implicite, sans ambiguïté ou traitement généraliste souvent déconnecté du travail quotidien. Or, le travail sur les consignes est partie intégrante du travail pédagogique en général : l'enseignant doit aider l'élève à la fois à mieux saisir ce qui lui est demandé, à acquérir une stratégie qui n'exclut pas la distance critique et à relier cette consigne au processus d'apprentissage global. L'enseignant de français a une responsabilité particulière dans cette tâche, même si elle est l'affaire de tous. Cette réflexion s'accompagne de nombreux exemples de travaux, en particulier d'analyse de consignes, dont les sujets d'examens, ou d'épreuve d'évaluation.
Mots-clés : AIDE – ANTICIPATION – APPRENTISSAGE – CONSIGNES – DÉCODER - LECTURE – MÉTACOGNITION – MÉTHODOLOGIE – REFORMULATION – STRATÉGIE

Lire et produire des consignes

Catherine SCHNEDECKER

La lecture des consignes pose aux élèves des difficultés dues au type / genre de texte, à sa disposition typographique, aux informations de nature hétérogène qu'il dispense ainsi, qu'enfin, à certaines particularités linguistiques comme le recours à l'interrogation ou l'usage de termes polysémiques.
Pour aider les élèves à surmonter ces obstacles, on propose une séquence d'activités de compréhension / production visant à les familiariser aux usages sociaux et scolaires des textes injonctifs, puis, à les entraîner à des opérations d'explicitation/reformulation des consignes vagues auxquelles ils ont souvent affaire. L'objectif, à terme, est de rendre les élèves partie prenante dans l'élaboration des consignes.
Mots-clés : CONSIGNE – DIDACTIQUE DU FRANÇAIS – TEXTE INJONCTIF / INSTRUCTIONNEL – INTERROGATION

Savoir-faire et faire accéder aux savoirs par les encyclopédies
et les langages documentaires

Marie VANCHE-ROBY

Il est proposé une réflexion historique et théorique mettant en parallèle nomenclatures d'encyclopédies et langages documentaires (L.D.) pour rendre compte des étapes d'élaboration et de perfectionnement de cette "technologie intellectuelle" que sont les différents types de L.D. (langages classificatoires à structure hiérarchique, lexiques de mots-clés, index-matières, thésaurus documentaires...). Quellles leçons tirer de ces évolutions pour des activités pédagogiques de français en C.D.I. ?
Des langages hiérarchisés (du type Dewey) ou à listes closes de termes standard (du type index) aux L.D. à structure ouverte et combinatoire (du type thésaurus), on passe non seulement d'un savoir dogmatique et fermé à la construction d'un savoir pluriel, mais encore d'un itinéraire balisé dans ses pistes de recherche à une navigation interactive dans des univers de connaissances où il faut s'orienter et interroger. L'informatisation et la connexion en réseau est le complément naturel de cette revanche de l'écrit que représente le "cyberespace" en dépit de l'ouverture de l'univers informatique au multimédia.
Mots-clés : APPRENTISSAGE DOCUMENTAIRE – CLASSIFICATION DOCUMENTAIRE – C.D.I. – ÉCRIT – ENCYCLOPÉDIE – MÉDIATION DOCUMENTAIRE – MULTIMÉDIA – NOMENCLATURE – RECHERCHE DOCUMENTAIRE – THÉSAURUS

Pratiques intégrées de lecture et d'écriture

Jean-François HALTÉ

Le cœur de cet article est constitué de deux propositions d'atelier d'écriture-lecture. Il s'agit, respectivement, d'"écrire dans Candide" pour mieux le lire, et de réécrire Jules Verne dans une perspective d'amélioration. Les activités sont conçues dans une perspective de rééquilibrage du lire et de l'écrire, l'écrire étant essentiellement envisagé ici comme une technique favorisant une compréhension fine des textes-source. Ces variations sur l'écriture-imitation, sont présentées dans un format«  clés en main », permettant une exploitation relativement facile et modeste dans des classes de troisième. Elles sont introduites par un exposé des motifs concernant l'articulation du lire et de l'écrire, puis par une présentation des enjeux de l'imitation pour la lecture. Les activités sont aussi commentées de manière à faire apparaître les attendus didactiques et pédagogiques spécifiques qui les justifient. Les textes d'escorte, de manière générale, incitent à dépasser les versions liminaires proposées vers une didactique intégrée de l'écrit, à lire et à produire.

La fiche de lecture

Jean-Marie PRIVAT, Marie-Christine VINSON

L'histoire de la scolarisation de la fiche de lecture permet de prendre conscience des processus de transposition didactique et de leurs enjeux. Support d'animation culturelle dans les mouvements d'éducation populaire d'après-guerre, la fiche de lecture traditionnelle apparaît dans les Instructions officielles dans les années 70 et se transforme souvent en exercice scolaire de pur contrôle bureaucratique des lectures personnelles des élèves, sans apprentissage progressif et sans réelle perspective de réinvestissement.
Mots-clés : HISTOIRE DE LA DIDACTIQUE – FICHE DE LECTURE – "PEUPLE ET CULTURE" – ANIMATION CULTURELLE – INSTRUCTIONS OFFICIELLES – SCOLARISATION – TRANSPOSITION DIDACTIQUE – MODE DE TRAVAIL PÉDAGOGIQUE

Apprendre à écrire une fiche de lecture

Daniel BESSONNAT

La fiche de lecture (d'un roman, en l'occurrence) fait partie de ces écrits méthodologiques largement pratiqués au collège qui ne sont pas toujours didactisés. Il convient de s'interroger sur la finalité de cet écrit et de ne pas le confiner dans la seule fonction de contrôle. Il convient aussi et surtout d'initier les élèves aux problèmes que pose sa rédaction, tant sont multiples les savoirs requis pour l'élaboration de cet écrit composite. C'est ainsi que la fiche de lecture peut être d'abord considérée en tant que procès-verbal de lecture, qui conserve la trace des aspects essentiels du roman mis en mémoire, puis comme compte-rendu d'enquête, en ce sens qu'il ne s'agit pas d'un simple acte d'enregistrement mais bien du résultat d'un dialogue actif avec le texte. C'est enfin un document d'archives, outil de capitalisation d'un savoir destiné à être réinvesti.
Mots-clés : OBJET-LIVRE – PARATEXTE – ESPACE-TEMPS – SCHÉMATISATION – PERSONNAGES – BIOGRAPHIE – GENRE – RÉSUMÉ – COMMENTAIRE

 

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