Pratiques  n° 113-114 « Images du scripteur et rapports à l’écriture »
     (juin 2002) Présentation Isabelle  Delcambre, Yves  Reuter Images du scripteur et rapports à l'écriture La notion d’image du scripteur permet d’articuler des analyses et des points de vue d’ordres théoriques différents sur l’écriture : analyses linguistiques et textuelles des écrits, analyses sociologiques des pratiques, ordre psychosociologique des discours sur les pratiques, ordre psychologique des fonctionnements cognitifs. Elle permet de constituer en système les dimensions du sujet-scripteur, celles du texte comme objet d’analyse ainsi que des perspectives liés à l’activité du lecteur-récepteur. Elle ouvre ainsi de nouvelles voies de recherche pour la didactique du français dans l’analyse des tâches d’écriture, l’interprétation des difficultés des élèves et celle des interventions des enseignants.
Elle est cependant difficile à construire. Identifier une image (ou position ou posture) scripturale suppose de ne pas perdre de vue que les images produites / construites n’ont de pertinence que par rapport à un cadre donné dans une situation de travail précise et un cadre disciplinaire spécifique.
Les auteurs en proposent une définition en distinguant différentes sortes d’images selon le mode de recueil des données (textes, pratiques, déclarations), leur objet (l’écriture en général ou telle tâche en particulier) et le mode de construction de ces données (par l’émetteur ou tel ou tel récepteur).
Ces définitions sont pensées dans le contexte des apprentissages scolaires, ce qui débouche sur l’identification de classes de problèmes que la notion d’image scripturale permet de mieux cerner. L’article se termine par quelques propositions didactiques. (Lire l'article...) Élisabeth  Bauthier Du rapport au langage : question d'apprentissages différenciés ou de didactique ? L’expression « rapport au langage » est aujourd’hui souvent employée en didactique, ou plus largement dès qu’il s’agit de penser les productions et compréhension des élèves autrement qu’en termes de compétence, d’acquisition de formes ou de mise en œuvre d’opérations cognitives et langagières, mais elle est rarement définie dans ses filiations et ses composantes, ou dans ce qu’elle apporte de spécifique pour comprendre les productions des élèves. Nous tentons ici une telle explicitation en la référant à la problématique qui a conduit à construire cette notion, celle de la différenciation dans les apprentissages scolaires, en montrant les ruptures théoriques et de conceptions que cette notion nous semble impliquer, en la liant à la question des rapports entre développement du sujet et langage. Parce que cette notion convoque différentes dimensions du sujet qui sont à l’œuvre dans les situations scolaires, elle devrait permettre de tenter de conserver cette complexité lors de l’analyse des situations et des productions de langage. (Lire l'article...) Arielle  Noyère Genres scolaires et cadres disciplinaires : quels rapports à l'écriture ? Nous nous proposons d’analyser les postures de scripteur adoptées par des élèves de 5e dans différentes situations d’écriture ayant pour objet l’articulation entre genres et discours. Les élèves ont produit des séquences descriptives à la fois en français et en histoire, et des séquences explicatives insérées dans un documentaire ou dans un récit. L’objectif est d’amener les élèves à comprendre que la mise en discours est conditionnée par les cadres génériques et disciplinaires. Cette analyse nous renseigne sur le rapport à l’écriture qu’entretiennent les élèves et nous permet d’envisager des dispositifs didactiques transversaux. Un questionnaire portant sur cette écriture double et des entretiens d’explicitation individuels apportent des éléments de réponse à des questions qui concernent autant le professeur de français que celui d’histoire : les élèves perçoivent-ils des formes textuelles différentes d’une discipline à l’autre ? quels enjeux assignent-ils à l’écriture dans l’une et l’autre discipline ? quelle posture de scripteur le cadre disciplinaire induit-il ? quelles sont les catégories les plus opératoires – genres, textes, discours – pour aider les élèves à adopter une posture de scripteur adaptée aux situations d’écriture qui leur sont proposées dans les différentes disciplines ? (Lire l'article...) Résumés des articles Pratiques  n° 115-116 « L’écriture et son apprentissage » (décembre 2002) Jean-François Halté, André Petitjean Avant-Propos. Pratiques et l'écriture Claudine  Garcia-Debanc, Michel  Fayol Apports et limites des modèles du processus rédactionnel pour la didactique de la production écrite. Dialogue entre psycholinguistes et didacticiens Depuis les années 80, un certain nombre de travaux en didactique de l’écriture se sont référés à des recherches psycholinguistiques sur les processus rédactionnels. L’article, à quatre mains, se propose de mettre en évidence les intérêts d’une interaction entre psycholinguistes et didacticiens, en même temps que la spécificité des deux champs et leur complémentarité. Il a pour visée moins de faire un état de la question que de susciter des interrogations d’ordre méthodologique et d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche.
Sont tout d’abord présentés les principaux modèles de la production verbale, particulièrement de la production écrite. Qu’est-ce qu’un modèle pour un psycholinguiste ? A quels impératifs doit-il répondre ? Quelles utilisations peuvent être faites de modèles psycholinguistiques dans des travaux en didactique ? Avec quelles précautions méthodologiques ?
Est ensuite discutée la place de tels modèles en didactique de l’écriture. Quel statut ont-ils ? Quelles fonctions peuvent-ils remplir ? Pourquoi, en didactique, les modèles ont-ils un statut ambigu ? Quels sont les intérêts et les limites du plus connu d’entre eux, le modèle développé par Hayes et Flower ?
En un troisième temps, sont confrontées les manières dont chacune des deux disciplines aborde la question centrale des apprentissages. Quelles limites rencontrent les études psycholinguistiques sur le développement ? Comment caractériser une intervention didactique et en analyser les effets ? Comment organiser des études longitudinales pour rendre compte d’apprentissages à long terme ? Quels indicateurs retenir ? De tels chantiers, dont les résultats sont attendus tant dans la communauté des chercheurs que dans celle des formateurs d’enseignants, appellent des coopérations entre psycholinguistes, linguistes et didacticiens, particulièrement pour la construction de tâches d’écriture, la formulation d’indicateurs d’évaluation et le suivi longitudinal de cohortes d’élèves. (Lire l'article...) Elisabeth  Nonnon Des interactions entre oral et écrit : notes, canevas,  traces écrites et leurs usages dans la pratique orale Les relations entre écrit et oral sont souvent présentées selon une opposition dichotomique et tendent à une valorisation de l’écrit sur le plan linguistique et celui des opérations cognitives. Or les situations sociales et scolaires présentent des configurations plus complexes d’interactions entre modes sémiotiques, où l’écrit n’est pas toujours aboutissement et dépassement de l’oral, mais point de départ d’une pratique orale, qui elle-même peut questionner l’écrit. L’exemple de notes prises au cours d’échanges oraux pour rédiger un écrit destiné à soutenir un exposé montre différentes stratégies d’écriture possibles et les problèmes que rencontre cette pratique, dans l’écriture et dans l’oralisation à laquelle elle donne lieu. Un apprentissage est nécessaire pour que la notation écrite accède à une complexité qui limite la déperdition par rapport à ce qui a été débattu dans l’échange (variation de modalités épistémiques notamment) et lui permette de jouer son rôle comme soutien du discours oral et comme outil cognitif. (Lire l'article...) Bernard  Schneuwly L'écriture et son apprentissage : le point de vue de la didactique. Éléments de synthèse Proposition de synthèse du colloque « L'écriture et son apprentissage », la contribution est articulée en trois parties. Dans la première, sur la base des interventions au colloque, un constat est dressé concernant la conception, en didactique du français, de l'écriture qui est de manière relativement homogène abordée comme activité complexe dans une situation sociale déterminée à la fois par un cadre scolaire et communicatif plus général. Dans une deuxième partie, quelques limites des approches didactiques actuelles sont analysées ; s'il est possible de constater un certain consensus quant à l'orientation générale des démarches d'enseignement, le rapport entre enseignement et apprentissage, et plus largement développement est peu théorisé et exploré dans les recherches.
La troisième partie esquisse quelques pistes de recherche pour dépasser les limites : nécessité d'une modélisation plus globale de l'enseignement du français et recherches approfondies des pratiques réelles et des développements de l'écriture dans une perspective longitudinale sont deux des desiderata de recherche mentionnés. (Lire l'article...) Résumés des articles © CRESEF - Tous droits réservés

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