Pratiques  n° 125-126 « Observations de la langue » (juin 2005) Présentation Véronique  Paolacci, Claudine  Garcia-Debanc Comment former à l'enseignement de la ponctuation ? Analyse de pratiques effectives de formation initiale L’introduction dans les Programmes de l’école élémentaire 2002 de l’observation réfléchie de la langue pose la question de son enseignement mais aussi de la formation à cet enseignement. Dans le cadre de notre article, nous envisagerons l’objet linguistique de la ponctuation. Longtemps considérée comme la propriété des typographes, la ponctuation est un objet d’enseignement qui résiste aux enseignants. Entre norme et usage, écrit et oral, production et réception, la ponctuation est exemplaire. Comment former des enseignants débutants à son enseignement ? Comment amener ces professeurs stagiaires à interroger leurs conceptions ? Notre analyse est basée sur l’analyse de séances de formation dans les filières des professeurs d’école (PE) et des professeurs de collège et de lycée (PLC). Les données recueillies instruisent aussi, par voie de conséquence, une réflexion sur l’entrée dans le métier d’enseignant. (Lire l'article...) Marceline  Laparra Capacités langagières en production non fictionnelle La capacité des élèves à se servir du français écrit pour construire des savoirs et des savoir faire disciplinaires n’est en général travaillée qu’en réception et peu ou mal en production. En témoignent les réponses fournies par eux à certains exercices de l’évaluation nationale de français passée au début de la première année du collège. Les élèves éprouvent alors des difficultés spécifiques à la fois au plan référentiel, cognitif et linguistique (il s’agit de problèmes où interagissent des contraintes sémantico-lexicales et des contraintes syntaxiques). Ces difficultés pourraient être le support d’activités réflexives sur la langue menées en classe dans le cadre d’un enseignement décloisonné de la grammaire. (Lire l'article...) Noëlle  Cordary Observations de la langue dans les activités de correction au lycée Parler de la place de la langue dans les activités de correction au lycée induit à penser seulement à la correction de l’orthographe. Cet article s’attache à recenser en quoi et comment les activités de correction de la langue peuvent contribuer à « une maîtrise sans cesse accrue de la langue », et à montrer que corriger l’écriture au lycée en se centrant sur la langue peut être autre chose que la remédiation orthographique ou syntaxique.
Pour cela, l’auteure rappelle la place des activités orthographiques dans le processus rédactionnel et présente certaines difficultés récurrentes que les scripteurs rencontrent dans le processus de mise en mots.
Puis elle s’attache à montrer que l’activité de correction peut contribuer à installer un rapport réflexif à la langue : en tant qu’activité spécifique, différée et distincte de l’activité de production, elle peut être un temps de réflexion sur la pratique de l’écriture. Elle consiste à entrainer les élèves à rechercher leurs erreurs, à revenir sur leurs hésitations et indécisions, à commenter ce qu’ils ont fait, à expliciter leurs stratégies. L’activité de correction est un espace où se construisent les commentaires métadiscursifs. (Lire l'article...) Résumés des articles Pratiques  n° 127-128 « L'écriture d'invention  » (décembre 2005) Présentation Bertrand Daunay Les ambiguïtés des textes officiels sur l’écriture d’invention L’article revient sur les définitions de l’écriture d’invention dans les dernières instructions officielles pour le lycée, pour contribuer à la compréhension de l’émergence d’un objet d’enseignement nouveau en étudiant la manière dont il a été conçu. L’intérêt d’une telle approche tient au fait qu’il est rare que soit données à voir aussi clairement les hésitations des concepteurs des instructions officielles, visibles dans les versions successives des programmes et des documents d’accompagnements. L’analyse du corpus constitué de ces diverses versions fait ressortir un certain nombre de traits significatifs : d’une part, la place de l’écriture d’invention s’amenuise dans les programmes, au fil des versions, au profit de la lecture – qui prime, selon le tradition de l’enseignement du français au lycée ; d’autre part, la définition de l’écriture d’invention reste problématique dans les programmes, qui ont du mal à clairement la circonscrire et qui en brouille les contours, notamment dans la détermination du mode de rapport (hypertextuel ou métatextuel) aux textes-sources. (Lire l'article...) François Le Goff Réécriture et écriture d’invention : l’exemple de la fable Cet article se propose d’examiner la façon dont l’écriture d’invention peut être introduite à différents moments d’une séquence consacrée à l’étude de textes littéraires. Les quatre étapes de l’étude sont les suivantes :
1.– Une lecture critique de l’E.I fondée sur une opération systématique de « reproduction-imitation » et des interrogations que cela pose : statut des textes littéraires qui servent le recensement des procédés littéraires, fonction des productions d’élèves qui demeurent dans une logique de contrôle des connaissances, format des protocoles didactiques qui maintiennent une distribution conventionnelle des attributions de la lecture et de l’écriture dans les apprentissages.
2.– Une réflexion sur une alternative possible à l’imitation en ouvrant la pratique scripturale aux ressources de la réécriture. Un modèle pédagogique, décrit sous le nom de  "réécriture en séquence(s) (R.e.S.)" invite à reconsidérer les composantes et les valeurs de la réécriture dans une démarche d’appropriation du texte littéraire fondée sur les représentations de l’élève et les variations textuelles du genre.
3.– Un examen de l’application du modèle à l’étude du genre de la fable, organisée autour de l’analyse du Livre X des  Fables  de La Fontaine.
4.– Un commentaire de la production d’un élève de première littéraire : quatre variantes d’une fable sont successivement analysées afin de montrer le rôle de l’écrit dans la construction d’un savoir littéraire.
En décomposant les phases de production, la R.e.S redéfinit les interactions lecture/écriture et par voie de conséquence la notion même de séquence dans l’enseignement du français. Elle vise en outre un autre positionnement de l’élève vis-à-vis de la pratique de l’écriture d’invention en privilégiant une dynamique du processus rédactionnel et un travail centré sur les variations langagières en situation de production écrite. (Lire l'article...) Anne-Marie Tauveron Accompagner l’écriture d’invention en classe Cet article donne des repères pour construire une aide à l’apprentissage de l’écriture d’invention en classe. Après avoir montré comment l’on pouvait s’inspirer de « l’étayage de tutelle » défini par J.S. Bruner, en l’adaptant à l’apprentissage de l’écriture et au contexte de la classe de lycée, trois accompagnements sont décrits en classe de Seconde et en classe de Première. L’un sur l’écriture biographique, le deuxième sur l’écriture d’une nouvelle fantastique, le troisième sur l’écriture de poésie inspirée de rêves. Dans ces trois « étayages » l’on retrouve des éléments similaires : une anticipation précise des difficultés que les élèves peuvent rencontrer avec une planification d’écritures enchaînées, un dispositif d’écoute et de conseil, une mise à distance de sa production par le commentaire écrit ou oral, une réécriture guidée. Mais chaque accompagnement a sa spécificité : il s’agit de trouver des solutions qui permettent de répondre au problème du nombre. Comment instaurer la relation qu’exige l’« étayage de tutelle » entre un adulte et au minimum trente élèves ? La délégation du guidage à des petits groupes, le passage par la réflexion écrite des élèves sur les problèmes rencontrés, un dialogue différé, à plusieurs voix, relayé par les groupes, telles sont quelques-unes des suggestions qui émanent de la pratique. (Lire l'article...) Résumés des articles © CRESEF - Tous droits réservés

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