Pratiques  n° 157-158 « Théories et pratiques des genres » (juin) Driss Ablali Présentation     (Lire l'article...) Rosine Galluzzo-Dafflon Les Misérables   dans les manuels de français de 4e, entre fiction romanesque et fiction historique L’article étudie les choix de transposition didactique à l’œuvre dans cinq manuels de français de 4e publiés en 2011 qui consacrent l’un de leurs chapitres à l’étude des Misérables  de Victor Hugo. Il examine la légitimité de la transposition didactique de ce roman, assez récurrente dans les manuels de 4e, à l’aune des textes officiels en vigueur. Un repérage des documents historiques communiqués, des lectures complémentaires offertes, de l’importante iconographie qui « accompagne » le texte littéraire ainsi que l’étude des portraits de deux personnages privilégiés permettent de montrer que les chapitres consacrés aux Misérables  traduisent, à des degrés divers, l’hybridité qui caractérise les fictions historiques. En effet, leurs appareils didactiques conjuguent assez diversement deux orientations d’étude sensiblement divergentes : un parcours littéraire centré autour du personnage de roman ; l’explicitation des idéaux de l’auteur, des éléments historiques ou sociaux qui lui confèrent une valeur documentaire. La nature et la part réservée aux autres activités de la classe de français (écriture, étude de la langue), qui invitent à privilégier le premier parcours, permettent de déterminer les conditions didactiques nécessaires à une appropriation aussi bien littéraire qu’historique de l’œuvre. Sont alors plus particulièrement soulignés les éléments qui, dans le déroulé de ces chapitres, permettent — ou permettraient — d’établir des collaborations entre les enseignements d’histoire et de français.  (Lire l'article...)
Marie-Christine Vinson LE CRU ET LE LU. Ethnocritique d’un album pour la jeunesse, Le Géant de Zéralda Le  Géant  de  Zéralda  de Tomi Ungerer est un classique de la littérature de jeunesse. Pour analyser le processus de socialisation que nous propose ce récit littéraire d’un rite d’apprentissage, nous nous sommes intéressée dans un premier temps à la structure culturelle des lieux imaginaires : la ville, univers urbain et clos de la pensée domestiquée ; le monde de l’ogre, un ailleurs abandonné aux forces de la pensée sauvage ; le monde de l’héroïne, Zéralda, un univers protégé qui n’est pas soumis aux oppositions tranchées du sauvage et du familier mais où les éléments passent d’un lieu à un autre (domuscampus saltus) et peuvent se « désensauvager ». Sur le chemin des passages obligés, l’ogre et la fillette se rencontrent : ils ont besoin l’un de l’autre pour que précisément le rite de passage s’accomplisse. Le travail d’initiation se présente alors comme une nécessaire coopération où chacun va apprendre à agir selon son registre. Pour faire avancer l’ogre sur le chemin du rite, les deux adjuvants utilisés par Zéralda sont l’art du cuit et la littératie. Il faut que l’ogre se détache de l’oralité native pour accéder à l’ordre graphique. Si la coexistence pacifiée du domestiqué et de l’ensauvagé est inscrite dans la dernière image, on ne sait pour combien de temps : l’un des enfants du couple tient une fourchette et un couteau dissimulés dans son dos, signalant que la lignée des ogres n’est pas éteinte… La fin s’affiche comme une fin sans fin. Si un rite biographique ne saurait se répéter, le récit littéraire lui peut être lu et relu tant qu’il y a chez le jeune lecteur appétit de rite.  (Lire l'article...) Résumés des articles © CRESEF - Tous droits réservés

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